Refonte site internet TPE : quand et comment s’y prendre ?

Un site internet pensé pour être trouvé sur Google et cité par les IA

« Il marche encore, notre site. » C’est souvent la première phrase de la conversation… et c’est vrai, il marche. Comme marche une vieille barque qu’on écope un peu chaque matin avant de partir pêcher. Les pages s’affichent, le numéro de téléphone est en bas, quelques photos rappellent les débuts de l’entreprise. Mais combien de clients l’ont-ils trouvé ce mois-ci ? Combien sont repartis au bout de trois secondes, découragés par un texte minuscule sur leur téléphone ? Et quand quelqu’un demande à ChatGPT ou à Gemini « un bon artisan près de chez moi », votre entreprise apparaît-elle dans la réponse ? Refondre le site d’une TPE se décide en lisant des signaux, bien avant de rêver à un nouveau design, et se mène avec une méthode qui protège ce que l’ancien site a construit, à commencer par sa place dans les moteurs de recherche. Larguons les amarres.

Les signaux qui disent que votre site a fait son temps

Il s’affiche mal sur mobile

Ouvrez votre site sur votre téléphone, comme le ferait un client dans sa voiture ou sur son canapé. Faut-il zoomer pour lire ? Les boutons sont-ils trop petits pour le pouce ? Le menu déborde-t-il ? Google indexe aujourd’hui les sites à partir de leur version mobile : un site pensé seulement pour l’ordinateur part avec un sérieux handicap, auprès des moteurs comme auprès des visiteurs.

Il est lent

Une page qui met de longues secondes à apparaître perd une partie de ses visiteurs avant même d’avoir pu leur dire bonjour. Les causes sont souvent les mêmes : images trop lourdes, thème surchargé, extensions accumulées au fil des ans, hébergement à bout de souffle.

Vous ne pouvez plus le modifier vous-même

Changer un horaire demande d’appeler quelqu’un. Ajouter une réalisation prend trois semaines. Le prestataire d’origine a disparu, avec les codes d’accès. Un site qu’on ne peut pas faire vivre finit par mentir : anciens tarifs, services abandonnés, photos d’une équipe qui a changé.

Il ne vous ressemble plus

Nouveau logo, nouvelle activité, montée en gamme… et un site resté figé à l’époque de la création. Le décalage entre la carte de visite qu’on vous tend et le site que le client découvre ensuite sème le doute. Si votre identité a évolué, votre vitrine en ligne doit suivre.

Il n’amène plus de contacts

C’est le signal le plus parlant. Un site de TPE a une mission simple : faire venir des demandes de devis, des appels, des visites en boutique. S’il ne remplit plus ce rôle, ou si vous n’avez aucun moyen de le savoir faute de statistiques, il est temps d’ouvrir le capot.

Il n’est plus à jour techniquement

Version de WordPress dépassée, extensions abandonnées par leurs auteurs, absence de certificat HTTPS, formulaire qui envoie des messages dans le vide… Un site non entretenu devient une porte ouverte aux piratages. C’est un risque pour votre image, et parfois pour les données de vos clients.

Refondre ou rénover ?

Tous les sites fatigués n’ont pas besoin d’être reconstruits. Avant de parler refonte, nous faisons le point, comme on inspecte une coque avant de décider s’il faut la caréner ou la remplacer.

Une rénovation suffit quand la structure est saine : mise à jour technique, nettoyage des extensions, optimisation des images, réécriture de quelques pages, ajout de réalisations récentes. Le site garde son architecture et ses adresses, et repart pour quelques années.

La refonte s’impose quand les fondations posent problème : site impossible à rendre adapté au mobile, technologie obsolète, architecture qui ne correspond plus à l’offre, image en total décalage avec l’entreprise. On reconstruit alors, mais en gardant soigneusement ce qui fonctionne. Et c’est là que beaucoup de refontes prennent l’eau.

Avant de toucher à quoi que ce soit : l’inventaire

Un vieux site a souvent plus de valeur qu’il n’en a l’air. Certaines pages sont bien positionnées sur Google, d’autres reçoivent des liens depuis des annuaires, des partenaires, des articles de presse locale. Si la refonte les fait disparaître, ce capital disparaît avec elles. L’inventaire de départ est donc la première étape de toute refonte sérieuse.

  • La liste complète des pages et de leurs adresses (URL), y compris celles qu’on a oubliées.
  • Les pages qui attirent des visiteurs depuis les moteurs de recherche, repérées dans la Google Search Console et dans les statistiques de visite.
  • Les requêtes sur lesquelles le site apparaît déjà, même modestement.
  • Les liens qui pointent vers le site depuis d’autres sites.
  • Les contenus à conserver, à réécrire ou à supprimer.
  • Les fonctions indispensables : formulaires, prise de rendez-vous, boutique, espace client.

Cet inventaire sert de plan de navigation pour toute la suite. Sur les grands sites, il demande une méthode rigoureuse : l’équipage l’a appliquée lors de la refonte complète du site de MCO Menuiserie, un chantier de 77 pages.

Ne pas couler son référencement en route

Une refonte mal préparée peut faire chuter la visibilité d’un site du jour au lendemain. La bonne nouvelle : les précautions sont connues, et elles fonctionnent quand on les applique avec soin.

Garder les adresses, ou rediriger

Chaque fois que c’est possible, on conserve les adresses des pages existantes. Quand une adresse doit changer, on met en place une redirection permanente (dite 301) de l’ancienne vers la nouvelle. Le visiteur qui clique sur un vieux lien arrive au bon endroit, et les moteurs de recherche transfèrent la plus grande partie de la confiance accordée à l’ancienne page. Sans redirection, c’est une page d’erreur… et une place perdue.

Soigner chaque page

Chaque page reçoit un titre et une description pensés pour les moteurs de recherche, une structure de titres claire, des textes qui répondent aux questions des clients, des images légères avec un texte alternatif. Ces réglages invisibles pour le visiteur font une grande différence dans les résultats.

Prévenir Google

Le jour de la mise en ligne, on soumet le nouveau plan du site (le sitemap) dans la Google Search Console, on vérifie que rien ne bloque l’exploration, et on surveille les erreurs pendant les semaines qui suivent. Une refonte se termine quelques semaines après la mise en ligne, pas le jour même.

Penser GEO : être cité par les intelligences artificielles

Le référencement a gagné un nouveau terrain de jeu. Beaucoup de gens posent désormais leurs questions à ChatGPT, Gemini, Perplexity ou Claude plutôt qu’à un moteur de recherche classique. Ces assistants répondent avec quelques noms, parfois un lien. Être dans cette courte liste s’appelle le GEO (pour Generative Engine Optimization), et une refonte est le moment idéal pour s’y préparer.

  • Des textes qui répondent clairement aux questions que se posent vos clients, avec des phrases simples, précises, faciles à citer.
  • Des pages de questions-réponses sur vos services, vos zones d’intervention, votre façon de travailler.
  • Des données structurées (le balisage schema.org) qui indiquent aux machines qui vous êtes, ce que vous faites, où et pour qui.
  • Des informations identiques partout : même nom, même adresse, même téléphone, mêmes services sur le site, la fiche Google Business Profile, les annuaires et les réseaux sociaux.
  • Une page qui présente les personnes derrière l’entreprise et leur savoir-faire.
  • Un fichier robots.txt qui n’interdit pas, par mégarde, l’accès aux robots des moteurs et des assistants que vous voulez voir passer.

Le GEO ne remplace pas le SEO ; il s’appuie dessus. Un site bien construit, rapide et clair a déjà fait une bonne partie du chemin. Chez Graph’in !, nous intégrons les deux dès la conception, et nous avons développé nos propres extensions WordPress de référencement pour gérer ces balisages sans dépendre d’abonnements.

Les écueils classiques d’une refonte

Certaines erreurs reviennent si souvent qu’on pourrait les cartographier comme des hauts-fonds bien connus des pilotes.

La première consiste à commencer par le design. On tombe amoureux d’une maquette, on la valide, puis on découvre qu’elle ne prévoit pas de place pour les textes qui font venir les clients, ni pour les pages qui étaient bien positionnées. La forme suit le fond, jamais l’inverse.

La deuxième, c’est de mettre en ligne un vendredi soir, sans redirections ni vérification, puis de partir en week-end. Le lundi, les formulaires n’envoient rien et Google trouve des pages d’erreur partout.

La troisième, plus discrète, touche à la propriété. Le nouveau site est construit sur un outil fermé, l’hébergement est au nom du prestataire, les accès ne sont jamais transmis. Le jour où vous voudrez changer de crèmerie, vous ne pourrez rien emporter. Exigez les accès, la propriété du domaine et un site sur une technologie ouverte comme WordPress, que d’autres pourront reprendre si besoin.

La méthode Graph’in ! pour la refonte d’un site de TPE

Un site qui accueille le visiteur et lui dit en un regard à qui il a affaire
Le site de Prométhéis, conçu par Graph’in !.

Chaque projet a ses particularités, mais la route reste la même. Elle commence par une conversation sur vos objectifs : plus d’appels ? Des demandes de devis mieux qualifiées ? Une boutique en ligne ? Être trouvé sur une nouvelle zone ? Viennent ensuite l’inventaire et l’audit de l’existant, puis l’architecture du nouveau site, page par page, avec ses adresses et ses redirections.

Le design arrive après, et il s’appuie sur votre identité visuelle. Si celle-ci a besoin d’être remise d’aplomb, mieux vaut le faire avant ou en même temps : notre guide pour construire l’identité visuelle d’une TPE explique par où commencer. Puis vient l’écriture des contenus, que nous rédigeons avec vous pour qu’ils parlent comme vous et répondent aux vraies questions de vos clients. Les photos suivent : Guillaume Néel, photographe et vidéaste, réalise sur place les images de vos chantiers, de votre atelier ou de votre équipe.

Nous construisons les sites sous WordPress, avec des extensions maison pour la sécurité, les cookies et le référencement, sans abonnement caché ni dépendance à un éditeur tiers. Une fois le site en ligne, vous pouvez le modifier vous-même, et nous restons à bord pour la maintenance si vous le souhaitez. Pour un exemple, voyez le site de Prométhéis, ou lisez pourquoi un artisan a tout intérêt à soigner sa vitrine en ligne avec le site d’Aka Menuiserie.

Après la mise en ligne : le site, ça s’entretient

Un site neuf est un bateau neuf. Sans entretien, il vieillit plus vite qu’on ne le croit. Les mises à jour de sécurité s’enchaînent, les contenus vieillissent, les concurrents publient. Quelques habitudes suffisent pour garder le cap :

  • ajouter régulièrement vos réalisations, vos actualités, vos réponses aux questions fréquentes ;
  • surveiller la Search Console et les statistiques de visite ;
  • faire les mises à jour techniques, ou les confier à quelqu’un ;
  • tenir la fiche Google Business Profile à jour, en cohérence avec le site.

Et quand l’entreprise grandit, le site doit rester fidèle à son identité. Notre article sur la façon de tenir une identité visuelle dans la durée donne les clés pour éviter que les pages ajoutées au fil des ans ne partent dans tous les sens.

Votre site a besoin d’un passage au chantier naval ? Découvrez notre offre web, référencement et réseaux sociaux, ou contactez l’équipage pour un premier diagnostic. Nous intervenons en présentiel entre Nantes et Ancenis, et à distance partout en France. Levez l’encre !

À propos de l’auteur

Guillaume Néel est le fondateur et directeur artistique de Graph’in !, agence de communication et studio graphique entre Nantes et Ancenis. Développeur WordPress, photographe certifié Google Trusted Photographer pour Street View, il est aussi caricaturiste de presse depuis plus de vingt ans et auteur-illustrateur de plus de vingt livres. Son profil LinkedIn.

Vos questions, nos réponses

Une refonte de site fait-elle perdre son référencement Google ?

Pas si elle est bien préparée. Il faut d’abord faire l’inventaire des pages qui attirent des visiteurs et des liens qui pointent vers le site, conserver les adresses existantes quand c’est possible et mettre en place des redirections permanentes (301) pour celles qui changent. Le jour de la mise en ligne, on soumet le nouveau sitemap dans la Google Search Console, puis on surveille les erreurs pendant plusieurs semaines.

Peut-on garder son nom de domaine et ses adresses mail lors d’une refonte ?

Oui, et c’est même recommandé. Le nom de domaine porte l’ancienneté et la réputation du site ; en changer complique beaucoup le référencement. Les adresses mail sont généralement gérées à part et ne bougent pas, à condition de bien vérifier les réglages techniques (zone DNS) au moment de changer d’hébergement. Profitez-en pour vérifier que le domaine est bien enregistré au nom de votre entreprise.

Comment savoir si mon site est cité par ChatGPT, Gemini ou Perplexity ?

Le plus simple est de poser vous-même aux assistants les questions que poseraient vos clients, en variant les formulations et les villes, et de noter si votre entreprise ou votre site apparaissent dans les réponses ou les sources citées. Certaines statistiques de visite permettent aussi de repérer les visites qui arrivent depuis ces outils. Refaites l’exercice régulièrement : les réponses évoluent.

Faut-il réécrire tous les textes lors d’une refonte ?

Pas forcément tous. Les pages qui attirent déjà des visiteurs depuis Google sont à manier avec précaution : on les enrichit et on les met à jour plutôt que de tout effacer. Les autres gagnent souvent à être réécrites pour répondre plus clairement aux questions des clients, ce qui sert à la fois le référencement classique et la visibilité dans les réponses des intelligences artificielles.

Qui doit être propriétaire du site et du nom de domaine ?

Votre entreprise, sans ambiguïté. Le nom de domaine doit être enregistré à son nom, et vous devez disposer des accès administrateur au site, à l’hébergement et aux comptes associés (Search Console, statistiques, fiche Google). Beaucoup de TPE découvrent au moment d’une refonte que leur ancien prestataire détient tout. Vérifiez ce point avant de signer, et faites-le préciser par écrit.