La Créa de la Semaine – Illustrations « Clan D’oeil »
Case 1 : une journée ordinaire commence. Case 2 : un imprévu surgit. Case 3 : l’équipe s’en sort, avec le sourire. Case 4 : chute. Raconter son entreprise en bande dessinée, c’est un peu ça… et beaucoup plus que ça. L’entreprise Clan D’oeil a sollicité les artistes de Graph’in ! pour mettre en bande dessinée certaines scènes de son quotidien.
Parce qu’une image vaut parfois mille mots, il est judicieux d’accompagner son discours de photos, de schémas et d’illustrations. La bande dessinée va un cran plus loin : elle raconte une histoire, avec des personnages, un décor, du rythme et une chute. Cet article explique comment on transforme le quotidien d’une entreprise en planches qui se lisent avec plaisir, du choix des scènes jusqu’à la diffusion.
Pourquoi la bande dessinée parle à tout le monde
En France, la bande dessinée fait partie de la culture commune. On a grandi avec des albums, on en a lu dans les salles d’attente, on en offre à Noël. Quand une entreprise utilise ce langage, elle parle une langue que presque tout le monde comprend, sans effort.
La BD a plusieurs atouts pour la communication d’une entreprise :
- elle se lit vite et sans fatigue, même sur un écran de téléphone ;
- elle permet de montrer des situations difficiles à photographier : un moment de doute, une scène passée, un échange avec un client qui ne souhaite pas apparaître ;
- elle autorise l’humour, l’exagération, le clin d’œil, là où la photo reste littérale ;
- elle donne une personnalité à l’entreprise, plus proche et plus chaleureuse qu’un texte de présentation.
Elle a aussi ce pouvoir rare de faire lire jusqu’au bout. On commence une planche, on veut savoir comment elle finit. Un paragraphe de texte n’a pas toujours cette chance.
Choisir les scènes à raconter
Le quotidien d’une entreprise est fait de mille petits moments. Tous ne méritent pas une planche. Le choix des scènes est la première étape, et sans doute la plus importante.
Nous cherchons des situations qui disent quelque chose du métier ou de l’état d’esprit de l’équipe. Quelques pistes qui reviennent souvent :
- les coulisses, ce que le client ne voit jamais : la préparation, l’atelier, la réunion du lundi matin ;
- les questions que les clients posent sans arrêt, auxquelles une planche peut répondre avec humour ;
- les petites galères du métier, racontées avec autodérision ;
- les moments de fierté : un projet réussi, un client satisfait, une équipe soudée ;
- les rituels de la maison, ceux qui font sourire les anciens et intriguent les nouveaux.
Pour cette étape, rien ne remplace une bonne discussion avec l’équipe. Ce sont les personnes qui vivent ces scènes qui les racontent le mieux. Nous prenons des notes, nous posons des questions, nous demandons des anecdotes. Souvent, la meilleure idée arrive au moment où quelqu’un dit : « Ah, et la fois où… »
Il faut aussi savoir ce qu’on ne raconte pas. Une scène qui met un client dans l’embarras, une blague interne incompréhensible pour l’extérieur, un sujet sensible : ces histoires restent dans la cale.
Le scénario : écrire avant de dessiner
Une bonne bande dessinée commence par un texte. Le scénario décrit chaque case : ce qu’on voit, qui parle, ce qu’il dit. Il fixe le rythme de l’histoire et place la chute au bon endroit.
Pour une planche de communication, la structure la plus courante tient en quelques cases. Une situation de départ, un élément qui la bouscule, une réaction, et une chute qui fait sourire ou qui fait passer le message. C’est le principe du « strip », la bande horizontale qu’on lit dans les journaux depuis plus d’un siècle. Court, efficace, mémorable.
Le scénario est validé avant tout dessin. C’est beaucoup plus simple de modifier une réplique dans un texte que de redessiner une case. C’est aussi le moment de vérifier que le message passe : si la chute tombe à plat à l’écrit, elle tombera à plat en dessin.
Le découpage et le storyboard
Une fois le scénario validé, on passe au découpage. Combien de cases ? De quelle taille ? Dans quel ordre ? Un plan large pour situer la scène, un gros plan pour une émotion, un plan moyen pour un dialogue… Le découpage d’une bande dessinée emprunte beaucoup au cinéma.
Le storyboard, ou crayonné de mise en page, montre la planche en version rapide : silhouettes, positions, bulles. On y vérifie le sens de lecture (de gauche à droite et de haut en bas, en Europe), la place laissée au texte et la lisibilité générale. Une case trop chargée, une bulle qui cache un personnage, un regard qui part dans le mauvais sens : tout se corrige à cette étape.
Le format de diffusion change aussi le découpage. Une planche destinée à une page de magazine n’a pas la même forme qu’un carrousel de réseau social, où chaque case devient une image à faire défiler. Nous adaptons la mise en page au support prévu, et parfois nous préparons deux versions de la même histoire.
Le style graphique et les personnages
Le style d’une BD d’entreprise doit coller à l’entreprise. Un trait rond et coloré, à la manière des albums jeunesse, n’annonce pas la même maison qu’un dessin réaliste en noir et blanc. Nous choisissons le style avec le client, en montrant des exemples et des essais.
Les personnages sont souvent inspirés de l’équipe réelle. Faut-il qu’ils ressemblent aux vraies personnes ? Pas forcément. Certaines entreprises aiment se reconnaître, et l’on dessine alors des portraits proches de la caricature, avec l’accord de chacun. D’autres préfèrent des personnages types, qui représentent un rôle plutôt qu’une personne précise : la commerciale, le technicien, la cliente pressée. Cette seconde solution a un avantage pratique : l’histoire reste valable même quand l’équipe change.
Dans tous les cas, nous dessinons une fiche pour chaque personnage récurrent : visage, silhouette, vêtements, couleurs. Il doit être reconnaissable d’une case à l’autre, et d’une planche à l’autre, même des mois plus tard.
Du crayonné à la couleur
La fabrication d’une planche suit un chemin bien balisé, hérité des ateliers de bande dessinée. Après le storyboard vient le crayonné : chaque case est dessinée au propre, avec ses personnages, ses décors, ses expressions. C’est une étape de validation : on vérifie que les visages sont expressifs, que les gestes sont lisibles, que le décor évoque bien les lieux de l’entreprise sans les recopier dans leurs moindres détails.
Vient ensuite l’encrage, qui fixe le trait définitif. Il peut se faire à la plume, au pinceau, au feutre, ou directement sur tablette graphique. L’encrage donne son caractère à la planche : un trait épais et souple n’a pas la même humeur qu’un trait fin et nerveux. Puis vient la couleur, posée le plus souvent sur ordinateur, en aplats ou avec des effets de lumière. Le lettrage, enfin, place les textes dans les bulles.
Chaque étape a son rendez-vous de validation, et c’est voulu : plus on avance, plus une modification demande de travail. Changer une réplique au moment du scénario prend une minute. La changer après la mise en couleur prend un peu plus de temps… et un peu plus de patience.
Couleur ou noir et blanc ?
La couleur attire l’œil, surtout sur les réseaux sociaux. Elle permet aussi de reprendre les couleurs de l’identité visuelle de l’entreprise, pour que la BD se rattache tout de suite à la marque. Le noir et blanc, lui, a une élégance particulière. Il rappelle le dessin de presse, il met le trait au premier plan, et il s’imprime facilement sur tous les supports, y compris une photocopie.
Entre les deux, il existe une solution très efficace : la bichromie. Du noir, plus une seule couleur, celle de la marque. Le résultat est sobre, reconnaissable et très économique à imprimer. Les dessinateurs de presse connaissent bien cette contrainte : avec deux couleurs seulement, on soigne davantage le contraste, les masses de noir, la composition. La limite devient un style, et ce style se reconnaît au premier coup d’œil.
Le choix dépend des supports prévus. Une BD destinée uniquement aux réseaux sociaux gagne souvent à être en couleur. Une série qui sera aussi imprimée dans une newsletter papier, un livret ou un journal interne peut tirer avantage du noir et blanc ou de la bichromie. Rien n’empêche, d’ailleurs, de préparer les deux versions à partir du même encrage.
Le texte dans les bulles
Dans une BD, le texte se fait rare. Et c’est très bien ainsi. Une bulle trop remplie se lit mal et écrase le dessin. Quelques règles nous servent de boussole :
- des répliques courtes, une idée par bulle ;
- un langage parlé, avec ses tournures naturelles, plutôt qu’un texte de plaquette ;
- un lettrage lisible, dans une police pensée pour la bande dessinée ou dessinée à la main, assez grande pour être lue sur un téléphone ;
- des bulles placées dans l’ordre de lecture, pour que l’œil ne se perde pas.
Le texte n’est pas obligatoire partout. Certaines des cases les plus fortes sont muettes : un regard, un geste, un décor suffisent. Savoir se taire, en bande dessinée comme ailleurs, est un art.
Où diffuser une BD d’entreprise
Une planche bien construite peut voyager sur de nombreux supports :
- les réseaux sociaux, en carrousel ou en image unique, où la BD se distingue nettement dans un fil rempli de photos ;
- le site internet, dans une page « Qui sommes-nous » ou dans le blog ;
- la plaquette commerciale ou le livret d’accueil des nouveaux salariés ;
- l’affichage dans les locaux, la salle de pause, l’accueil ;
- la newsletter, où une planche régulière donne un rendez-vous aux lecteurs ;
- un recueil imprimé, quand les planches sont assez nombreuses, à offrir aux clients et aux partenaires.
La régularité fait la force d’une BD d’entreprise. Une planche isolée amuse. Une série de planches, publiée à rythme régulier, installe un rendez-vous et des personnages que le public finit par attendre.
Les erreurs à éviter
- Transformer la BD en publicité déguisée. Si chaque case vante un produit, le lecteur décroche. L’histoire d’abord, le message ensuite.
- Vouloir tout raconter dans une seule planche. Une scène, une idée, une chute.
- Négliger la lisibilité sur téléphone : un texte minuscule, une case surchargée, et la planche passe à la trappe.
- Oublier les droits. Les personnages et les planches sont des créations protégées, et leur utilisation doit être prévue dans la cession de droits.
- Montrer des personnes reconnaissables sans leur accord.
Votre quotidien en cases, avec Graph’in !
La bande dessinée fait partie des savoir-faire de notre studio de création graphique, entre Nantes et Ancenis. Nous pouvons ensuite l’intégrer à votre stratégie sur les réseaux sociaux et sur votre site, pour qu’elle trouve son public.
Pour une autre utilisation de la BD, au service du lancement d’une application, lisez l’article sur les dessins d’actualité et la BD « Place de la Gare ». Et pour donner un visage à votre marque, celui sur les mascottes de Kaouett’ vous intéressera. D’autres projets dessinés vous attendent dans nos réalisations.
Case finale : vous nous écrivez, on dessine la suite. Levez l’encre !
Vos questions, nos réponses
Pourquoi utiliser la bande dessinée dans la communication d’une entreprise ?
La BD se lit vite, même sur téléphone, et presque tout le monde en comprend le langage. Elle permet de montrer des scènes difficiles à photographier, d’utiliser l’humour et de donner une personnalité chaleureuse à l’entreprise. Et on a envie de lire une planche jusqu’à la chute.
Comment choisir les scènes à mettre en bande dessinée ?
On part des moments qui disent quelque chose du métier ou de l’esprit de l’équipe : les coulisses, les questions fréquentes des clients, les petites galères racontées avec autodérision, les rituels de la maison. Une discussion avec l’équipe fait remonter les meilleures anecdotes. On écarte ce qui pourrait gêner un client ou rester incompris.
Les personnages doivent-ils ressembler aux vrais salariés ?
Pas forcément. On peut dessiner des portraits proches de la caricature, avec l’accord de chacun, ou des personnages types qui représentent un rôle. Cette seconde option garde l’histoire valable quand l’équipe évolue. Dans les deux cas, chaque personnage récurrent a sa fiche pour rester reconnaissable.
Une bande dessinée est-elle lisible sur les réseaux sociaux ?
Oui, si elle est pensée pour eux : des cases peu chargées, des bulles courtes, un lettrage assez grand pour un écran de téléphone. Le format carrousel, où chaque case devient une image, fonctionne très bien. Nous adaptons le découpage au support prévu.
Faut-il publier une seule planche ou une série ?
Une planche isolée amuse, une série installe un rendez-vous. Publiées à rythme régulier, avec les mêmes personnages, les planches finissent par être attendues par votre public. Elles peuvent ensuite être réunies dans un recueil imprimé à offrir à vos clients et partenaires.



