La relation humaine dessinée au centre d’un groupe international

La Créa de la Semaine – Illustration « Manitou Group »

Comment parler de plusieurs activités, d’objectifs ambitieux et de valeurs humaines dans une seule image ? Manitou Group souhaitait placer la relation humaine au centre de son développement international, et cherchait une façon de le montrer. La réponse a pris la forme d’une illustration originale, spécialement réalisée pour l’entreprise par Graph’in !. Du croquis à la mise à l’encre, tout est sorti de notre atelier : 100 % Graph’in !, 100 % humain.

À l’heure où une machine peut générer une image en quelques secondes, ce choix mérite qu’on s’y arrête. Cet article vous emmène dans l’atelier, étape par étape, pour suivre la fabrication d’une illustration faite main : du premier crayonné à l’encrage, puis à la mise en couleur et à la livraison. Merci à Manitou Group d’avoir confié à Graph’in ! la mise en image de ses valeurs et de ses ambitions.

Pour découvrir l’entreprise, rendez-vous sur le site de Manitou Group.

Étape 1 : comprendre ce qu’on dessine

Une illustration d’entreprise commence rarement par un dessin. Elle commence par une conversation. Que veut-on raconter ? À qui ? Sur quel support l’image sera-t-elle vue ? Quelles valeurs doivent ressortir en premier, et lesquelles peuvent rester en arrière-plan ?

Pour un groupe aux activités multiples, la difficulté tient au nombre d’idées à faire tenir dans un seul cadre. Il faut trier. Nous listons tout ce que le client souhaite voir apparaître, puis nous classons : l’idée principale (ici, la relation humaine), les idées secondaires (les différentes activités, l’ouverture à l’international), et les détails qui viendront enrichir l’image sans l’alourdir. Une illustration qui veut tout dire au même volume ne dit plus rien.

Nous rassemblons aussi la documentation nécessaire : photos des produits ou des lieux, éléments de la charte graphique, couleurs, références visuelles que le client apprécie. Un dessin à la main reste un dessin juste : les machines, les tenues, les gestes doivent être crédibles pour ceux qui les connaissent par cœur.

Cette documentation évite un écueil classique de l’illustration d’entreprise : l’image jolie mais fausse. Un technicien qui découvre sur une affiche un outil tenu à l’envers, ou une machine qui n’existe pas, ne regardera plus jamais l’illustration de la même façon. Le dessin peut styliser, simplifier, exagérer. Il ne doit pas se tromper.

Étape 2 : les recherches et les crayonnés

Viennent ensuite les recherches. Ce sont de petits croquis rapides, souvent griffonnés au crayon sur un carnet ou une feuille volante. Ils ne sont pas beaux, et ce n’est pas leur rôle. Ils servent à explorer : une composition en cercle, une autre en diagonale, une scène vue d’en haut, une autre au ras du sol. On essaie, on rature, on recommence.

Parmi ces pistes, nous en retenons quelques-unes que nous présentons au client, accompagnées d’une courte explication. Il choisit celle qui lui parle, ou demande d’en mélanger deux. Ce rendez-vous est le plus important du projet : c’est là que se décide l’allure générale de l’image.

Puis vient le crayonné, plus abouti. On y place précisément chaque élément, chaque personnage, chaque objet. Les proportions sont fixées, les expressions dessinées, les décors posés. Le crayonné est soumis à validation à son tour. C’est le dernier moment pour déplacer un personnage, changer un geste ou ajouter un détail sans tout reprendre.

Étape 3 : la composition, ou l’art de guider le regard

Une illustration qui montre plusieurs activités doit organiser la lecture. Sans cela, l’œil du spectateur ne sait pas où se poser, et l’image paraît confuse. Quelques techniques reviennent souvent :

  • un point focal, l’élément le plus important, placé à un endroit fort de l’image et souvent plus grand, plus contrasté ou plus coloré que le reste ;
  • des lignes de force (une route, un regard, un bras tendu, une rivière) qui conduisent le regard d’une scène à l’autre ;
  • des plans successifs, du premier plan détaillé à l’arrière-plan plus léger, pour créer de la profondeur ;
  • des zones de respiration, où l’œil se repose entre deux scènes chargées.

Pour parler de relation humaine, les personnages et leurs interactions prennent naturellement le premier rôle : des mains qui se serrent, des regards qui se croisent, des gens qui travaillent ensemble. Les machines, les lieux, les cartes du monde viennent en soutien, autour d’eux. L’humain d’abord, la technique ensuite.

Étape 4 : la mise à l’encre

L’encrage est le moment où le dessin prend sa forme définitive. Sur le crayonné, ou sur une nouvelle feuille posée par-dessus à la table lumineuse, on repasse chaque trait à l’encre. Les outils varient selon l’effet recherché :

  • la plume, qui donne un trait fin et nerveux, capable de passer du très fin au plus épais selon la pression ;
  • le pinceau, plus souple, qui offre des pleins et des déliés généreux et un trait vivant ;
  • le feutre technique, régulier et précis, apprécié pour les dessins très détaillés ;
  • la tablette graphique, qui imite ces outils à l’écran, avec la possibilité d’annuler un trait raté.

Encrer demande une main sûre. Un trait d’encre sur papier ne s’efface pas, et c’est justement ce qui lui donne sa vie : de légères irrégularités, une épaisseur qui varie, une hésitation parfois. C’est la signature de la main, ce petit quelque chose que l’œil perçoit sans savoir le nommer. Guillaume Néel, caricaturiste de presse depuis plus de vingt ans, a pris l’habitude d’encrer vite et juste. Le dessin de presse ne laisse pas le temps d’hésiter.

On travaille aussi les noirs : les ombres, les masses sombres, les hachures qui donnent du volume. Une illustration encrée tient déjà debout toute seule, avant même d’avoir reçu la moindre couleur.

Étape 5 : la numérisation et la couleur

Une fois l’encrage terminé, le dessin est numérisé en haute résolution. On nettoie le fichier : poussières, traces de crayon, petites bavures. Selon l’usage prévu, deux chemins sont possibles.

Le premier consiste à vectoriser le dessin, c’est-à-dire à transformer les traits en formes mathématiques. L’illustration peut alors être agrandie sans limite, ce qui est idéal pour un stand de salon, une bâche ou une façade. Le second consiste à garder le dessin en pixels, à une résolution adaptée au plus grand support prévu, pour conserver toute la texture du trait.

La couleur est ensuite posée, le plus souvent sur ordinateur. On part des couleurs de l’identité de l’entreprise, puis on construit une palette autour d’elles : des tons principaux, des tons secondaires, des ombres et des lumières. Une palette limitée donne une image plus lisible et plus élégante qu’un arc-en-ciel complet. On peut aussi choisir de garder l’illustration en noir et blanc, ou en bichromie, quand le trait suffit à lui seul.

Étape 6 : livrer une image prête à l’emploi

Une illustration d’entreprise est faite pour être utilisée. Nous la livrons donc dans les formats dont le client aura besoin : haute définition en CMJN pour l’impression, versions RVB pour le web et les présentations, fichier vectoriel pour les grands formats, versions recadrées pour les réseaux sociaux. Nous pouvons aussi en extraire des détails, un personnage ou une scène, pour illustrer un article, une page de site ou une diapositive.

La cession des droits d’auteur est précisée par écrit : usages, durée, territoire. Pour un groupe tourné vers l’international, la question du territoire n’est pas un détail. Mieux vaut l’avoir réglée dès le départ.

Une image qui voyage sans traduction

Une entreprise qui se développe à l’international parle à des publics de langues et de cultures différentes. Un texte doit être traduit, une image beaucoup moins… à condition de la concevoir avec soin. Quelques précautions permettent à une illustration de franchir les frontières sans malentendu :

  • éviter de placer du texte dans l’image elle-même, ou le garder sur un calque séparé qu’on pourra traduire ;
  • se méfier des gestes : un pouce levé, un signe de la main ou un doigt pointé n’ont pas le même sens partout ;
  • représenter des personnages variés, dans lesquels des publics différents peuvent se reconnaître ;
  • vérifier la symbolique des couleurs, qui change d’un pays à l’autre (le blanc, par exemple, n’évoque pas partout la même chose) ;
  • préférer des métaphores visuelles universelles (une poignée de main, un chemin, un pont) aux jeux de mots dessinés, intraduisibles par nature.

Une image bien pensée devient alors un langage commun, utilisable aussi bien dans une présentation à des partenaires étrangers que dans le hall d’un site de production en France.

Les petits secrets de l’atelier

Quelques détails techniques font une grande différence dans une illustration faite main. Le papier, d’abord : un papier lisse et assez épais accepte l’encre sans baver ni gondoler, un papier plus texturé donne du grain au trait, ce qui se verra jusque dans l’impression finale. Le format, ensuite : on dessine souvent plus grand que la taille de reproduction, pour que les petits défauts disparaissent à la réduction et que le trait gagne en finesse.

Il y a aussi la gomme, qu’on n’utilise qu’une fois l’encre parfaitement sèche (sous peine de transformer un beau trait en traînée grise), et la table lumineuse, qui permet de reprendre un crayonné au propre sans l’abîmer. Rien de très mystérieux, mais une somme de gestes appris à force de dessiner, dessin après dessin.

100 % humain : pourquoi la main, à l’heure de l’IA ?

Nous ne sommes pas fâchés avec l’intelligence artificielle. Chez Graph’in !, nous l’utilisons et nous formons même nos clients à s’en servir dans leur communication. Mais pour une illustration qui doit dire les valeurs humaines d’une entreprise, la main garde plusieurs longueurs d’avance.

  • Une illustration faite main est une création originale, protégée par le droit d’auteur, dont les droits peuvent être cédés clairement. Le statut des images générées par une machine reste beaucoup plus flou.
  • L’illustrateur comprend le brief, pose des questions, propose des idées que le client n’avait pas envisagées. Il dessine des machines, des gestes et des tenues exacts, là où une image générée invente volontiers des détails absurdes.
  • Le trait humain a une personnalité, une cohérence d’une image à l’autre, qui permet de construire une série d’illustrations dans le même style.

Et puis, pour parler de relation humaine, il y a une certaine logique à confier le crayon à un humain. Le message et la manière se répondent.

Faire dessiner vos valeurs par Graph’in !

L’illustration sur mesure, à la main ou sur tablette, est au centre de notre studio de création graphique, entre Nantes et Ancenis. Pour savoir comment nous utilisons l’IA là où elle a du sens, et comment nous formons les équipes à s’en servir, la page communication et IA vous dit tout.

Pour comparer l’illustration sur mesure et l’image de banque, lisez l’article sur l’illustration du Moïa. Et si votre dessin doit finir sur un mur, celui consacré à la fresque de BRH Intérim et Théoxis vous attend. Pour d’autres projets sortis de l’atelier, parcourez nos réalisations.

L’encre est prête, la plume aussi. Levez l’encre !

Vos questions, nos réponses

Qu’est-ce qu’un crayonné en illustration ?

C’est le dessin au crayon qui fixe la place de chaque élément avant l’encrage et la couleur : composition, personnages, proportions, expressions. Il vient après les petits croquis de recherche et sert de base de validation. C’est le meilleur moment pour demander une modification sans tout reprendre.

À quel moment valider une illustration sur mesure ?

À chaque étape clé : le choix d’une piste parmi les croquis de recherche, puis le crayonné détaillé, puis la version encrée et colorée. Plus le projet avance, plus une modification demande de travail, d’où l’intérêt de valider tôt les grands choix de composition.

Comment représenter plusieurs activités dans une seule illustration ?

En hiérarchisant. On choisit une idée principale qui occupe le point focal de l’image, puis on organise les autres activités autour d’elle, reliées par des lignes de force qui guident le regard. Des zones de respiration évitent l’effet fouillis. Une illustration qui veut tout dire au même volume ne dit plus rien.

Une illustration encrée à la main peut-elle être imprimée en grand ?

Oui. Le dessin est numérisé en haute résolution, puis soit vectorisé pour s’agrandir sans limite, soit conservé en pixels à une résolution adaptée au plus grand support prévu. Il peut ainsi habiller aussi bien une brochure qu’un stand de salon ou une bâche.

Pourquoi faire dessiner une illustration plutôt que la générer avec une IA ?

Une illustration créée par un illustrateur est une œuvre originale dont les droits se cèdent clairement, ce qui reste flou pour une image générée. L’illustrateur comprend votre message, dessine des détails exacts et garde le même style d’une image à l’autre. Pour parler de valeurs humaines, le trait humain reste le plus cohérent.